lundi 13 janvier 2014

La suite du vote contre le chalutage profond

Après une petite pause, je reviens sur le vote contre le chalutage profond. 

Comme vous le savez, le chalutage profond a été accepté après le vote du 10 décembre. Il y avait 16 votes de plus contre l'interdiction (donc pour le chalutage) mais il y a eu un gros malentendu au moment du vote, le 10 décembre.


Voilà ce que ça donne (image de la campagne de Bloom)
Explication : le vote a eu lieu le 10 décembre dernier, l'interdiction du chalutage profond a été rejeté à 16 voix d'écart. Le chalutage profond a donc été accepté ! MAIS il y a eu correction du vote, 20 votes ont été changé, 18 en faveur de l'interdiction, et 2 contre l'interdiction du chalutage. Les partisans de l'interdiction du chalutage profond auraient donc dû gagner 343 votes contre 330. Mais aucun moyen de changer le vote officiel une fois qu'il est fait ! 

Les corrections de vote peuvent arriver quand des erreurs électroniques se produisent ou lorsque que des députés se rendent compte qu'ils se sont trompés mais aussi parce que le vote était un mardi matin, les députés n'ont pas eu le temps de comprendre correctement l'ampleur et l'importance du vote car certains venaient tout juste d'arriver sur le lieu du vote. 

C'est ici que ça se complique : tout d'abord, il fallait rejeter le 1er amendement pour pouvoir se prononcer sur l'interdiction ou non du chalutage profond. Si ce 1er amendement était adopté, il faisait tomber les autres amendements et empêchait ainsi de se prononcer vraiment sur le sujet du chalutage profond. De ce fait, de nombreux députés ont accepté l'amendement au lieu de le refuser.

Le procédé 
Vocabulaire :  
- crawler : chalutier
- door et flost : porte et bouée
- rollers : cylindre ou galet
- belly : ventre ou centre du filet 
- codend : arrière du filet 

Ainsi après correction, 343 députés ont rejeté l'amendement (et donc voté en faveur de l'interdiction du chalutage), 330 l'ont adopté et 15 se sont abstenus. 

Comme il y a toujours un blocage de la part de la France (nos représentants...) au niveau du Conseil des ministres européens, les français ont pris la chose en main. Les marques Casino et Carrefour ont annoncé qu'elles arrêtaient de vendre des poissons issu du chalutage profond en 2014. Une pétition a aussi été lancée pour demander aux enseignes qui vendent des poissons des profondeurs d'arrêter également (Intermarché, Auchan, Leclerc, Super U etc.)

Les espèces en danger 
Que faire ? Vous pouvez signer la pétition de Bloom adressé à François Hollande ici, vous pouvez également ne plus acheter de poissons issu du chalutage profond (les plus connus sont : le sabre noir, la linge bleu, le siki, les sébastes, la saumonette, le grenadier, l'empereur, le flétan du Groenland et le hoki) ou même boycotté les supermarchés qui participent au chalutage. Vous pouvez voir le documentaire réalisé par Arte qui est visible ici en replay jusqu'au mardi 14 et qui repassera le 16 janvier à 9h sur Arte et qui sera à nouveau en replay durant une semaine ! Et surtout parlez en autour de vous, faites circuler l'information ! 

Enfin pour plus renseignements sur le sujet : le site de Bloom bien sûr et la page Facebook qui nous tient au courant régulièrement de l'activité de l'association.

On continue ! 

*Suzy*

mardi 10 décembre 2013

Le résultat du vote sur la pêche en eaux profondes ...

En référence à l'article sur la pêche en eaux profondes que vous pouvez lire ici.

Il est négatif pour les poissons et nous … Le vote s'est déroulé ce matin et la loi a été rejetée à 342 voix contre 326 ….

 La 1ère chose que ça nous montre c'est que les lobbys ont un rôle important en Europe, assez fort pour faire rejeter une loi comme celle-là qui parait pourtant évidente ! 

La 2ème chose est qu'il faut continuer à lutter, à boycotter les marques qui pratiquent ce type de pêche (en France, Intermarché) et surtout qu'il faut en parler autour de nous ! 

L'action de Bloom est toujours visible sur le site (ici) et leur page facebook (là) !  

Vous pouvez voir le détail du vote sur cette page, qui a voté, quel pays, quel parti etc.

Et ici, une partie du discours de Claire Nouvian qui est la directrice de l'association Bloom et ancienne journaliste, un discours intéressant qui récapitule la position de la France et ses dirigeants !

Enfin ici, le classement des supermarchés français de la part de Bloom et en rapport avec la pêche en eaux profondes. Les plus respectueux sont Casino et Carrefour !

dimanche 8 décembre 2013

Kristin Kimball - Une vie pleine (or The dirty life)

Voilà le titre du livre de Kristin Kimball. C'est principalement un livre sur l'agriculture mais aussi la vie, la nature, le changement de vie que fait cette personne par amour. C'est l'histoire (vraie) de Kristin, une femme vivant à Manhattan qui a tout quitter (soit : la bringue toute la nuit, le shopping, la manucure) pour aller vivre avec un jeune agriculteur Bio dans une ferme paumée (il faut bien le dire) mais elle a découvert la vie dans un espace "plus naturel", manger ce qu'elle produit, la solidarité d'un village, la vie à la ferme avec les réveils à l'aube, les vaches, les cochons, les légumes etc. Elle voulait écrire un papier sur le jeune agriculteur Bio et écolo, Mark, elle s'est retrouvée à créer une ferme avec lui, repartir de zéro sur un nouveau terrain pour créer une AMAP. Leur but étant de pouvoir nourrir complètement près 200 personnes autour de la ferme, tout ça sans pesticides, les bêtes à l'air libre et pas vraiment de tracteur mais plutôt … des chevaux et la force humaine pour tout faire sur 250 hectares de terrain ! 

Voilà, en résumé, l'aventure de Kristin Kimball. Son livre est très intéressant, on apprend plein de choses sur la vie dans une ferme Bio et pas vraiment équipée d'outils modernes du genre tracteurs etc. Elle nous raconte ses expériences, quand ils ont acheté les cochons, quand il a fallu faire le sirop d'érable, comment elle a vécu ce changement de mode de vie, ses débuts dans la traite des vaches. Je vous le conseille vivement ! Non seulement parce que c'est intéressant, d'une certaine manière on a envie de vivre ce qu'elle même a vécu, de tout changer pour avoir une meilleure qualité de vie, de retourner à l'état de nature, de connaitre le bonheur qu'elle a quand elle va ramasser ses légumes et qu'elle partage la production de la ferme ; mais aussi parce que c'est drôle, parce qu'on voit le cheminement d'un être humain dans l'apprentissage de la Vie, celle qui sort de la terre ! 

Voici quelques extraits : 

    "Enfin, nous sommes allés voir la partie sud de l'exploitation, en bordure de la route la plus fréquentée, dont la moitié était plantée de pins, de chênes et de tilleuls en rangs serrés. Mark a de nouveau enfoncé sa pelle et plongé la main dans le sol. La pelle n'avait pas rencontré de cailloux, la terre était de la couleur du café, d'une texture qui n'avait rien à voir avec celle de l'argile découverte au nord. Mark a écrasé une motte entre ses doigts, il l'a palpée du pouce, sentie, et finalement goûtée du bout de la langue : une marne limoneuse d'une richesse à pleurer. A la lisière sud du domaine, ce type de sol s'étendait sur quatre cents mètres avant de redevenir argileux.
     Je crois que c'est à cet instant que Mark est tombé amoureux de ces terres, avec la même certitude et la même soudaineté dont il était tombé amoureux de moi. A partir de ce moment, il n'a plus fait l'ombre d'un doute dans son esprit que nous avions trouvé notre chez-nous."

     "En mai, sous l'influence du soleil, de plus en plus présent, les choses se sont accélérées. Nous n'avions plus le temps d'être sociables, nous ne retournions plus les appels téléphoniques. Notre attention était focalisée sur la terre et son rythme changeant. Tous les soirs, je montais Sam et partais à l'autre bout de la propriété compter les têtes du troupeau de boeufs. Chacune de ces escapades était pour moi l'occasion de découvrir de nouveaux bourgeons, de nouvelles éclosions, de nouvelles naissances."

     " La liste des légumes à récolter s'allongeait de soir en soir. Au coucher du soleil, quand nous faisions le tour des champs, nous mangions des poignées de petits pois si mûrs qu'ils paraissaient sur le point d'éclater. A côté, les chevreuils s'étaient attaqués aux laitues. Ils en avaient goûté une centaine mais n'en avaient terminé aucune. Mark aimait les déguster, en fin de journée, de la même maniée qu'eux : au couteau, il coupait une salade à la base, plongeait le visage dedans, en arrachait le coeur d'un coup de dent et jetait le reste. Le privilège du fermier, une forme de décadence ; nous nous sentions riches."

Dites-moi si vous l'avez lu, ce que vous en avez pensé, si ça vous donne envie ou non ;-)

Vous pouvez trouver son site ici, (c'est en anglais héhé :-) ), elle tient un blog aussi où elle publie toutes les semaines environ, vous trouverez le lien sur le site. 

Suzy